Les écoquartiers

Sophie R., Aizhan K., Katsiaryna M.

 

  • Qu’est-ce qu’un écoquartier en France ?

D’après le ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, la conception d’un écoquartier a pour objectif de proposer des logements pour tous dans un cadre de vie de qualité, tout en limitant son empreinte écologique.

Pour ce faire, un écoquartier doit respecter les principes du développement durable :

  • Promouvoir une gestion responsable des ressources
  • S’intégrer dans la ville existante et le territoire qui l’entoure
  • Participer au dynamisme économique
  • Proposer des logements pour tous et de tous types participant au « vivre ensemble » et à la mixité sociale
  • Offrir les outils de concertation nécessaires pour une vision partagée dès la conception du quartier avec les acteurs de l’aménagement et les habitants.

L’appel à projets EcoQuartier 2009 souhaitait ainsi promouvoir des quartiers durables caractérisés notamment par :

  • une gestion durable de l’eau ;
  • un traitement optimum des déchets ;
  • une biodiversité urbaine ;
  • l’utilisation de modes de transports « doux » (tramway, vélo…) ;
  • la production locale d’énergies renouvelables ;
  • des formes urbaines denses ;
  • un recours à l’éco-construction et en particulier l’utilisation d’éco-matériaux ;
  • une mixité sociale et fonctionnelle.

En décembre 2012, la ministre de l’Egalité des territoires et du Logement a lancé une campagne de labellisation « EcoQuartier » qui a permis de distinguer 13 opérations abouties qui représentent 18.313 logements dont plus de la moitié sont des logements sociaux et 32 autres en phase de chantier.

Dans ces 13 opérations labellisées[1], on retrouve le premier écoquartier français construit au cœur de Grenoble à l’emplacement d’une ancienne caserne militaire, la ZAC de Bonne, lancée en 2003. L’opération a recherché l’exemplarité en matière de haute qualité environnementale (HQE). Le choix des matériaux, les procédés de construction, l’efficacité énergétique et l’utilisation d’énergies renouvelables lui ont valu le soutien du programme européen de recherche et développement Concerto (Sesac).
La conception bioclimatique et l’isolation par l’extérieur permettent d’optimiser les performances énergétiques des bâtiments, ainsi que leur confort, hiver comme été. Elles se traduisent par des besoins en chauffage limités à 50 kWh/m2/an et une baisse des charges pour les occupants.
Les besoins en électricité des logements sont couverts par cogénération au gaz naturel. Les immeubles sont également équipés de capteurs solaires couvrant 50 % des besoins en eau chaude.
La toiture du centre commercial reçoit 1 000 m2  de panneaux photovoltaïques (en partenariat avec GEG). Un équipement solaire de cette envergure en plein centre ville est unique en France.

Cependant, d’après un article du Monde, on apprend qu’un rapport met sérieusement en cause le bilan énergétique de ce projet modèle. L’enquête met en lumière des surconsommations de chauffage de 5% à 70% supérieures à l’objectif assigné et une mésestimation des besoins globaux en la matière.

Ecoquartier de L’Ile de Nantes – La Prairie au Duc

L’écoquartier à Nantes est situé à l’anciennes friches industrielles – milieu urbain. Il a la superficie de 18 ha. Il aura 380 logements, 18 000 m2 d’equipement,  13 000 m2  de bureaux,  7 000 m2 de commerces et services.

L’une des idées fortes de ce projet consiste à mieux faire sur le plan énergétique. La SAMOA et le cabinet d’experts qui l’épaule, cherchent des solutions techniques qui permettent d’améliorer les performances des bâtiments (isolations par l’extérieur, rupteurs de ponts thermiques, plafond rayonnant, raccordement au réseau de chaleur (eau chaude sanitaire et chauffage). Aujourd’hui, pour les nouveaux bâtiments, la SAMOA vise un objectif de consommation d’énergie de 10% inférieure aux obligations de la dernière réglementation thermique (RT) et qui anticipe d’ores et déjà les futures évolutions de cette réglementation.

La place donnée au végétal (berges, squares, jardins, rue, etc.), la forte présence du fleuve et le non-recours aux pesticides sur l’intégralité des espaces publics témoignent du souci de protection de la biodiversité de l’île. En assurant une bonne gestion de l’eau (système de récupération des eaux de pluie, création de toitures végétalisées ou autonomie en eau des espaces publics) en limitant les énergies consommées et en développant les énergies renouvelables (centrales photovoltaïque, réseau de chaleur communautaire, etc.), le projet  veille au mieux sur les ressources naturelles

Qu’est-ce qu’un écoquartier ailleurs en Europe?

La conception de l’écoquartier est née en Europe en 1990s, comme la conception des quartiers soucieux de maitriser leur empreinte écologique, et dans lesquels on peut voir la transposition  en zone urbaine des communautés écologiques rurales nées dans les années 1960.

Les caractéristiques qu’ils partagent (ou plutôt les ambitions) est de favoriser l’adoption d’un mode de vie plus respectueux de l’environnement à travers un large éventail de mesures allant de la sobriété énergétique du bâti à la préservation de la biodiversité, en passant par un usage raisonné des transports. Alors c’est plutôt l’aspect l’écologique de développement durable que les écoquartiers tentent à mettre en œuvre.[2]

Il est très rare mais en même temps très important que l’aspect social est aussi pris en compte. Cette dimension sociale est parfois présente à travers des pratiques de participation, de consultation et d’information des populations, des équipements culturels et sociaux, des actions et pratiques pour la mixité sociale ou intergénérationnelle. Par exemple, à quartier Eva Lanxmeer aux Pays-Bas, grace à la concertation exemplaire des démarches dites bottom-up, les habitants ont œuvré à la conception de ce quartier de 250 logements, et participent aujourd’hui très largement à la gestion de site.  Mais elle est aussi parfois totalement absente, même dans pays nordiques. De plus, le risque existe que le développement de ces quartiers s’accompagne du phénomène de « gentrification », et contribue ainsi au renforcement de la ségrégation sociale et des inégalités environnementales.

Ou les écoquartiers se trouvent-ils? On trouve les écoquartiers dans des aires

géographiques distinctes, mais ils sont plus communs pour le Nord de l’Europe: BedZED dans la banlieue de Londres, Grande-Bretagne, Bo01 et Augustenborg à Malmö, Suède, Eva Lanxmeer au sud d’Utrecht, Pays-Bas, Kronsbergà Hanovre, Vauban et le Rieselfeld à Fribourg-en Brisgau, au su-ouest de l’Allemagne. Tous sont situés dans des villes ayant très tôt affirmés leur sensibilité au développement durable. Certains sont émergés à l’initiative des habitants, comme Eva Lanxmeer aux Pays-Bas, certains sont nés de vastes programmes de reconversion de terrain militaire ou zone industrielles, certains ont été erigés comme dans les zones touché par désindustrialisation, i.e. Bo01 à Malmö, Suède, et quelques-uns ont été construits dès l’début.

En général, les écoquartiers attirent une population aisée et eduquée, qui est capable de s’offrir des logements certes peu gourmandes en énergie, en eau, mais aux prix d’achat élevés, sauf peut-être le Rieselfeld à Fribourg ou Augustenborg à Malmö, qui ont fait le choix de la mixité sociale, et acueillent une large proportion de logements sociaux. Il n’existe pas d’homogénéité quant à la taille des projets : de BedZED à Londres avec des dimentions modestes à quartier Vauban avec plus de 2000 logements.

Alors, les écoquartiers sont très diverses et il n’y a pas de recette précise. Ce qui distigue ces projets d’aménagement,  c’est le volonté de s’adapter à un contexte économique,  une culture partagée de l’écologie et un désir d’expérimenter technologies,  gouvernance et savoir-faire.

[1]   Listes des EcoQuartiers : Boulogne (Le Trapèze) ; Forcalquier (Ecoquartier historique) ; Grenoble (ZAC de Bonne) ; Hédé Bazouges (Les Courtils) ; La Rivière (projet de cœur de bourg de la Rivière) ; Mulhouse (Wolf Wagner) ; Paris (Fréquel Fontarabie) ; La Chapelle sur Erdre (ZAC des Perrières) ; Grenoble (Bouchayet Viallet) ; Lille (Les Rives de la Haute Deule) ; Lyon (La Duchère) ; Saint-Pierre (Ravine Blanche) ; Paris (Claude Bernard)

[2]   Benchimol V., Lemoine S. (2013) Vers un nouveau mode de ville. Gallimard, p. 21-22.

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